Le chef d’AQMI, Abdelmalek Droukdel, tué par l’armée française au Mali

Des soldats français à Gao, au Mali, le 1er août 2019. BENOIT TESSIER / REUTERS Abdelmalek Droukdel aurait pu périr cent fois dans le maquis algérien, entre les hauteurs forestières impénétrables de l’Akfadou, en Kabylie, où il s’était établi...

Le chef d’AQMI, Abdelmalek Droukdel, tué par l’armée française au Mali
Des soldats français à Gao, au Mali, le 1er août 2019.
Des soldats français à Gao, au Mali, le 1er août 2019. BENOIT TESSIER / REUTERS

Abdelmalek Droukdel aurait pu périr cent fois dans le maquis algérien, entre les hauteurs forestières impénétrables de l’Akfadou, en Kabylie, où il s’était établi près d’une décennie à partir du début des années 2000, et les monts de Tebessa, à la frontière tunisienne. C’est de là, en Algérie, que, depuis plus d’un quart de siècle, il avait gravi tous les échelons du djihadisme régional.

Il est mort finalement bien plus au Sud, dans le nord du Mali, pays devenu depuis le principal théâtre de cette guerre qu’il menait au nom d’Al-Qaida. L’émir d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) a été tué, mercredi 3 juin, par les forces armées françaises, a annoncé, vendredi soir 5 juin, la ministre des armées, Florence Parly. « Un succès majeur », selon elle.

L’opération s’est déroulée dans le nord-est du Mali, a précisé l’état-major des armées. « Celle-ci a été faite à partir de croisements de renseignements français et américains Washington dispose d’importants moyens de surveillance aérienne au Sahel », ajoute une source.

Abdelmalek Droukdel était accompagné d’un « petit groupe » d’hommes lorsqu’il a été « neutralisé » par les forces spéciales françaises. Son corps a été « formellement identifié », selon le colonel Frédéric Barbry, porte-parole de l’état-major. L’action s’est déroulée au nord de l’Adrar des Ifoghas, à 80 km à l’est de Tessalit, et a été réalisée par un module d’intervention composé d’hélicoptères et de troupes au sol. »

Né le 20 avril 1970 dans le village de Zayan, non loin de Blida, à une cinquantaine de kilomètres d’Alger, Abdelmalek Droudkel, est étudiant en ingénierie quand l’Algérie bascule dans la guerre civile, au début des années 1990. Sympathisant du Front islamique du salut (FIS), le mouvement qui entre dans une confrontation directe avec le pouvoir algérien après l’annulation des élections de 1992 qu’il était en passe de remporter, Droukdel plonge dans la clandestinité à 23 ans.

Réfèrent symbolique et idéologique

Il rejoint alors les maquis du Groupe islamique armé (GIA). Artificier, chef de katiba, de région… Il grimpe petit à petit tous les échelons jusqu’à intégrer le conseil de commandement du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), un mouvement fondé en 1998 sur les cendres du GIA.

A l’été 2004, il en prend le commandement. Affaibli dans le nord de l’Algérie, le GSPC va étendre ses opérations plus au Sud, où il attaque des casernes de l’armée mauritanienne à l’été 2015. Six mois plus tard, il annonce son ralliement à Al-Qaida. Il choisit un nom de guerre significatif : Abou Moussab Abd Al-Wadoud, en référence au chef d’Al-Qaida en Irak, Abou Moussab al-Zarkaoui, tué près de Bagdad en 2006. Le ralliement s’inscrit dans une dynamique qui, côté djihadiste, va faire ses preuves quelques années plus tard au Sahel : l’articulation entre des groupes armés ancrés localement avec la franchise et le réseau international d’Al-Qaida, réfèrent symbolique et idéologique.

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