Les élections générales en Éthiopie reportées sine die en raison du coronavirus

Publié le : 31/03/2020 - 21:27Modifié le : 31/03/2020 - 21:28 En raison de la pandémie de coronavirus, la commission électorale éthiopienne a annoncé mardi le report sine die des élections générales prévues le 29 août. Publicité Lire la suite...

Les élections générales en Éthiopie reportées sine die en raison du coronavirus

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En raison de la pandémie de coronavirus, la commission électorale éthiopienne a annoncé mardi le report sine die des élections générales prévues le 29 août.

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Élections reportées en Éthiopie. La commission électorale a annoncé, mardi 31 mars, le report sine die des élections générales prévues le 29 août, en raison de la pandémie de Covid-19.

Dans le deuxième pays le plus peuplé du continent africain avec quelque 100 millions d'habitants, les prochaines élections générales sont largement perçues comme une étape cruciale dans la transition politique que tente de mener à bien le Premier ministre Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019.

"En raison des problèmes liés au coronavirus, la commission électorale a décidé qu'elle ne pouvait organiser les élections à la date prévue et a donc décidé d'annuler cette date et de suspendre toutes ses activités", a indiqué la commission dans un communiqué.

Aucune nouvelle date n'a pour l'heure été donnée par la commission électorale, qui a précisé qu'un nouveau calendrier serait proposé "quand la pandémie sera terminée". La campagne officielle devait démarrer le 28 mai et les résultats être publiés avant le 8 septembre.

Un 26e cas de coronavirus dans le pays

Lia Tadesse, ministre éthiopienne de la Santé, a annoncé mardi soir un 26e cas officiel de coronavirus dans le pays. Les autorités, fédérales et régionales, ont imposé des mesures de restrictions telles que l'interdiction des rassemblements de masse et des limitations dans les déplacements. 

Des mesures qui n'auraient pas permis de terminer en temps et en heure certaines des étapes clés de l'organisation du scrutin, comme l'enregistrement des électeurs, ou encore le recrutement et la formation des observateurs, a fait valoir la commission.

Lors des dernières législatives, en 2015, la coalition au pouvoir, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF) avait remporté les 547 sièges à pourvoir. Mais, depuis, le Premier ministre Abiy Ahmed a décidé de transformer l'EPRDF en un parti politique unifié, le Parti éthiopien de la prospérité. Une modification controversée rejetée par l'une des quatre composantes de l'EPRDF, le Front de libération des peuples du Tigré (TPLF) qui dominait la coalition jusqu'en 2018.

Retards de la commission électorale

Bien avant l'irruption de la pandémie de coronavirus en Éthiopie, des partis d'opposition et des observateurs avaient pointé du doigt des retards accumulés par la commission électorale.

Aussi, la date du 29 août, annoncée en janvier, avait très rapidement suscité le scepticisme, car coïncidant avec la saison des pluies.

La commission avait alors rétorqué qu'elle ne pouvait reporter sans cesse les élections, le mandat des députés expirant en octobre au regard de la Constitution.

On ignorait mardi comment la commission électorale contournerait ce problème si la pandémie devait repousser les élections à fin 2020 ou même à 2021.

"Réinitialiser une transition éthiopienne troublée"

Pour certains analystes, comme William Davison, chercheur pour le groupe de réflexion International Crisis Group (ICG), ce report pourrait être l'occasion de lever certains des obstacles. "Ce report offre une opportunité de réinitialiser une transition éthiopienne troublée", a-t-il estimé.

De son côté, Jawar Mohammed, un des leaders de l'opposition au Premier ministre Abiy Ahmed, a indiqué ne pas être surpris du report mais a insisté sur le fait que l'opposition devait être consultée à l'avenir. "Nous savions que ça venait", a-t-il déclaré à l'AFP. "Mais le nouveau calendrier ne peut pas être déterminé par le seul parti au pouvoir."

Outre le calendrier, la situation sécuritaire dans le pays suscitait, mardi, l'inquiétude des observateurs.

Avec AFP

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