Nintendo et les yakuzas, une histoire impossible

News business Nintendo et les yakuzas, une histoire impossible Publié le 04/05/2021 à 19:51 Partager : On pensait que le procès entre Epic et Apple concernerait surtout les deux entreprises, mais les documents fournis à la justice nous permettent d'apprendre beaucoup de choses sur de nombreux jeux, éditeurs et studios de développement. Cette fois-ci, le focus est fait sur Nintendo. C'est Axios Gaming qui a repéré une information peu banale dans un des documents publiés sur le site de la justice américaine. A la page 19, un paragraphe concerne les contrats proposés par Nintendo à ses différents partenaires. Ces derniers disposent évidemment de très nombreuses clauses, mais l'une d'elles a attiré l'attention. En effet, Nintendo indique noir sur blanc à ses partenaires localisés sur le sol japonais qu'ils ne peuvent être liés en aucune façon à des groupes "anti-sociaux" ou à des boryokudan, c'est-à-dire des groupes violents organisés. Dans cette optique, ils ne peuvent pas "accorder des avantages financiers" à ces groupes, ni utiliser "l'intimidation ou la violence dans le cadre de transactions", ni "interférer avec les activités des entités Nintendo en utilisant la fraude ou la force". De telles dispositions peuvent prêter à sourire tant cela semble évident, mais il y a encore une trentaine d'années, le Japon a du prendre des mesures pour lutter contre eux tant leur ancrage dans la société était fort. En 1992, le Japon vote la loi anti-gang, enrichie en 1993 pour lutter contre le blanchiment d'argent. Elles encadrent très fortement l'activité des clans, et pénalisent très sévèrement tout dégât à l'encontre de civils ou de leurs biens. Depuis 2010, les citoyens n'ont plus le droit de faire appel aux Yakuzas sous peine de lourdes sanctions. Les Yakuzas sont donc toujours très actifs, bien que très surveillés, notamment à travers trois grandes fédérations et des activités très variées à tous les niveaux de la société japonaise. Tous ces éléments, auxquels on peut ajouter le renforcement de la lutte anti-yakuza en vue des Jeux Olympiques, permettent de mieux comprendre la démarche de l'éditeur, et rendent beaucoup moins folkloriques les clauses insérées par Nintendo dans ses contrats. A lire également Via : IGN Par MalloDelic, Journaliste jeuxvideo.com MP

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On pensait que le procès entre Epic et Apple concernerait surtout les deux entreprises, mais les documents fournis à la justice nous permettent d'apprendre beaucoup de choses sur de nombreux jeux, éditeurs et studios de développement. Cette fois-ci, le focus est fait sur Nintendo.

C'est Axios Gaming qui a repéré une information peu banale dans un des documents publiés sur le site de la justice américaine. A la page 19, un paragraphe concerne les contrats proposés par Nintendo à ses différents partenaires. Ces derniers disposent évidemment de très nombreuses clauses, mais l'une d'elles a attiré l'attention. En effet, Nintendo indique noir sur blanc à ses partenaires localisés sur le sol japonais qu'ils ne peuvent être liés en aucune façon à des groupes "anti-sociaux" ou à des boryokudan, c'est-à-dire des groupes violents organisés. Dans cette optique, ils ne peuvent pas "accorder des avantages financiers" à ces groupes, ni utiliser "l'intimidation ou la violence dans le cadre de transactions", ni "interférer avec les activités des entités Nintendo en utilisant la fraude ou la force".

De telles dispositions peuvent prêter à sourire tant cela semble évident, mais il y a encore une trentaine d'années, le Japon a du prendre des mesures pour lutter contre eux tant leur ancrage dans la société était fort. En 1992, le Japon vote la loi anti-gang, enrichie en 1993 pour lutter contre le blanchiment d'argent. Elles encadrent très fortement l'activité des clans, et pénalisent très sévèrement tout dégât à l'encontre de civils ou de leurs biens. Depuis 2010, les citoyens n'ont plus le droit de faire appel aux Yakuzas sous peine de lourdes sanctions. Les Yakuzas sont donc toujours très actifs, bien que très surveillés, notamment à travers trois grandes fédérations et des activités très variées à tous les niveaux de la société japonaise. Tous ces éléments, auxquels on peut ajouter le renforcement de la lutte anti-yakuza en vue des Jeux Olympiques, permettent de mieux comprendre la démarche de l'éditeur, et rendent beaucoup moins folkloriques les clauses insérées par Nintendo dans ses contrats.

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